Yann, 28 ans, porte un secret qui pèse sur chaque rencontre, chaque regard, chaque espoir de couple. Ce soir, il va en parler à Papy.
Il est des sujets que l'on tourne et retourne en silence, la nuit, seul. Des questions qui brûlent mais qu'on n'ose soumettre ni à un ami, ni à un frère, ni à personne. Yann est l'un de ces hommes. Il a 28 ans, il est grand, il travaille, il rit facilement — mais à l'intérieur, il porte quelque chose de lourd.
Ce quelque chose, c'est un complexe corporel intime, profond, qui touche à ce que la société lui a appris d'associer à sa virilité, à sa désirabilité, à sa valeur en tant qu'homme. Chaque tentative de se rapprocher d'une femme finit par se heurter, tôt ou tard, à ce mur invisible.
« Comment construire une vie amoureuse épanouie dans un monde où la sexualité est omniprésente… quand on se croit insuffisant ? »
Papy n'est pas un thérapeute. Il n'a pas de diplôme sur un mur. Mais il a vécu — intensément — et il a développé cette rare capacité à regarder les choses en face, sans jugement, à poser les bonnes questions plutôt qu'à distribuer des réponses faciles. Ce soir, Yann a décidé de lui parler.
Ce dialogue ne prétend pas résoudre quoi que ce soit. Il veut seulement éclairer, décortiquer, humaniser une réalité que beaucoup vivent mais que personne ne dit.
La soixantaine bien portée. Il a connu les femmes, les relations compliquées, les silences qui brisent et ceux qui guérissent. Papy ne juge pas — il questionne. Sa force n'est pas dans les réponses qu'il donne, mais dans les questions qu'il pose.
Grand, souriant en surface, mais rongé par un complexe qu'il n'arrive pas à formuler. Il veut une famille, une femme qui l'aime, une vie normale. Sauf que pour lui, "normal" est devenu une notion douloureuse.
Quelque part dans la cour d'une maison à Ouagadougou, un soir de saison sèche. Le thé chauffe.
« La dignité n'est pas un luxe. C'est le seul terrain sur lequel on peut construire quelque chose de vrai. »
— Papy